Le Maroc vient de franchir un cap historique qui fera date dans les annales de la politique arabe et africaine. Par un acte fort de modernisation institutionnelle, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri au poste de Première ministre. Cette nomination n’est pas seulement un changement de visage à la tête de l’exécutif ; elle symbolise l’aboutissement d’un long processus d’émancipation et de reconnaissance du leadership féminin au sein du Royaume chérifien. En succédant aux figures masculines qui ont historiquement dominé la scène politique marocaine, El Mansouri brise un plafond de verre et s’installe comme la première femme à diriger le gouvernement du pays.
Un parcours politique d’exception : de Marrakech au sommet de l’État
Le choix de Fatima Ezzahra El Mansouri ne doit rien au hasard. Figure de proue du Parti Authenticité et Modernité (PAM), dont elle assure la coordination nationale, elle a su gravir les échelons avec une détermination remarquable. Avocate de formation, elle s’est d’abord illustrée localement en devenant la maire de Marrakech, une ville monde où elle a dû gérer des dossiers complexes liés au tourisme, au patrimoine et au développement urbain. Son passage à la tête de la « Ville Ocre » a été salué pour son dynamisme et sa capacité à concilier tradition architecturale et impératifs de modernité.
Avant sa nomination à la primature, elle occupait le poste de ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville. Ce portefeuille stratégique lui a permis de démontrer ses compétences techniques et sa vision transversale des enjeux territoriaux. En gérant les crises du logement et en impulsant de nouvelles politiques d’urbanisme, elle a prouvé qu’elle possédait l’envergure nécessaire pour piloter une équipe gouvernementale complète.
Les défis majeurs d’une mandature historique
La nouvelle Première ministre prend les rênes du pays dans un contexte international et régional complexe. Le Maroc, bien que résilient, doit faire face à des défis économiques de taille, notamment la gestion de l’inflation, la transition énergétique et la modernisation de son secteur industriel. El Mansouri devra user de son sens de la négociation pour maintenir la cohésion de sa coalition tout en répondant aux attentes pressantes de la population en matière de justice sociale et de pouvoir d’achat.
La mise en œuvre du Nouveau Modèle de Développement
L’une des missions prioritaires de son gouvernement sera l’accélération de la mise en œuvre du Nouveau Modèle de Développement (NMD). Ce cadre stratégique, voulu par le Souverain, vise à doubler le PIB par habitant à l’horizon 2035 et à réduire drastiquement les inégalités sociales et territoriales. Fatima Ezzahra El Mansouri, grâce à son expérience passée à l’Aménagement du territoire, possède une expertise précieuse pour transformer ces orientations théoriques en projets concrets sur le terrain.
La diplomatie et le rayonnement international
Sur le plan diplomatique, la nomination d’une femme à la tête du gouvernement renforce l’image d’un Maroc progressiste et réformateur sur la scène mondiale. Elle sera l’interlocutrice privilégiée des partenaires européens, africains et américains, dans un moment où le Royaume consolide sa position de hub continental et de médiateur régional. Sa capacité à porter la voix du Maroc avec élégance et fermeté sera un atout majeur pour les dossiers de souveraineté nationale.
Un signal fort pour l’égalité des genres
Au-delà de la gestion administrative et politique, cette nomination porte une charge symbolique immense. Elle envoie un message d’espoir à des millions de jeunes filles marocaines et maghrébines, prouvant que les plus hautes fonctions de l’État sont désormais accessibles au mérite, indépendamment du genre. Cette avancée s’inscrit dans la continuité des réformes de la Moudawana (Code de la famille) initiées par le Roi au début des années 2000, qui avaient déjà jeté les bases d’une société plus égalitaire.
L’influence du Parti Authenticité et Modernité (PAM)
Le positionnement du PAM sous la direction d’El Mansouri a toujours été axé sur une vision libérale et moderniste, tout en restant profondément attaché aux valeurs du Royaume. En accédant à la primature, elle donne à sa formation politique une responsabilité historique : celle de démontrer que l’efficacité gouvernementale peut s’allier à une sensibilité sociale accrue. Sa méthode, souvent décrite comme pragmatique et directe, sera scrutée de près par l’opposition et les observateurs internationaux.
L’arrivée de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement marque ainsi l’ouverture d’un chapitre inédit où l’expérience de la gestion locale rencontre les exigences de la souveraineté nationale. Alors que le pays se prépare à relever les défis de la décennie, cette transition incarne une maturité politique sereine, où l’audace de la réforme s’appuie sur la stabilité des institutions. Dans les couloirs du palais et les rues de Casablanca, l’attente est grande, mais la confiance semble prédominer devant cette figure qui, par son parcours et sa détermination, incarne désormais le visage d’un Maroc tourné vers l’avenir, prêt à assumer sa place de leader moderniste au cœur du monde méditerranéen.


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